Humeur Bleue #11 : Être stagiaire dans la mode

S’il y a bien un passage obligé dans la vie d’un étudiant en mode (ou pour tout étudiant d’ailleurs) c’est le stage en entreprise.

C’est un peu la loterie, il y en a qui vont tomber sur de super stages où ils vont apprendre tout un tas de choses et ceux qui vont faire le café.
Un stage dans la mode c’est si dur à trouver (surtout pour de courtes périodes) qu’on ne fait généralement pas le difficile…
Étant apparemment assez peu chanceuse, je suis à chaque fois tombée sur des stages difficiles. J’y ai appris énormément de choses c’est vrai, mais à quel prix? Des heures de travail interminables (60 heures par semaine non rémunérées s’il vous plaît) pour très peu de reconnaissance (voire du mépris), si mes tuteurs étaient toujours contents de moi, moi en revanche il ne me tardait qu’une chose, que le stage se finisse.

C’est après coup que je me dis que finalement ces dures périodes m’ont forgé. Mais bon, en sortant de ce genre de stage, on se dit que si c’est partout comme ça, autant changer de métier (oui je suis passionnée de mode mais j’aime avoir une vie à côté quand même…).

Je vous rassure, ce n’est bien évidemment pas partout pareil, je n’ai juste pas eu de chance. S’il y a donc des moulins à stagiaires, il y a aussi des entreprises où on prend le temps d’apporter ses connaissances à chacun; où le temps de travail est normal. J’ai des amis qui ont ainsi vécu de supers expériences de stage. Moi-même aujourd’hui, mon alternance se passe très bien, et je me dis que finalement j’ai bien fait de continuer dans cette voie là car c’est un métier passionnant qui me correspond bien.

Mis à part le gros côté négatif du rythme infernal, je garde quand même au final de bons souvenirs de mes stages. Déjà pour l’apport en connaissances qu’ils m’ont offert, car je ne cesserai de le répéter, on apprend bien plus sur le terrain qu’à l’école (dans mon domaine en tout cas) mais aussi pour les rencontres que j’ai pu y faire. Des gens de tous horizons, de tous pays aussi, me faisant découvrir tour à tour une partie de leur culture. Un petit tour de monde en restant à Paris! 😉 Mais également différents corps de métiers, en lien avec la mode bien sûr, que j’ai pu découvrir ou même expérimenter parfois! En tout cas, tous ces gens, avec qui j’ai pu échanger, m’ont parlé de leur quotidien avec passion. Et c’est aussi ça qui est intéressant dans ce genre de stage, se rendre compte qu’on n’est pas tout seul, qu’il y a une multitude de gens qui travaillent avant/après vous ou à vos côtés.

Voir enfin, le monde de la mode sous son vrai jour. La création ce n’est pas tellement l’œuvre d’une bande d’originaux qui décide pour les autres ce que sera la mode de demain. Bien loin de là, la création doit répondre à tout un tas de contraintes qui viennent de toutes parts et dont la plus importante est: Vendre. On est bien loin des strass et des paillettes, je parlerais même de vomi créatif parfois, tant il faut créer, en nombre et en peu de temps (comment donc faire quelque chose de beau et d’original dans ces conditions?). C’est sûr que ça fait moins rêver, mais mis à part certains créateurs qui restent très créatifs, c’est la réalité du métier.

En bref, le stage dans la mode, est pour moi vraiment nécessaire. Je pense qu’il n’y a qu’avec cette première expérience dans le monde du travail qu’on peut se rendre compte ou non que ce métier nous convient. Pour moi, les expériences, bien que difficiles moralement et physiquement, auront finalement été plutôt positives car elles m’ont aussi aidé à savoir dans quoi m’orienter dans la mode (il y a une multitude de métiers, rien qu’en création) et aussi me faire prendre conscience qu’il fallait que je m’améliore sur certains points.

Et vous, vos expériences de stage?

On se dit à très vite avec la prochaine Humeur Bleue qui aura pour thème : La mode, tout ne se passe pas à Paris! 😉

24 réflexions au sujet de « Humeur Bleue #11 : Être stagiaire dans la mode »

  1. Moi aussi j’ai eu quelques stages malchanceux et je vais bientôt en refaire pour ma reconversion donc je touche du bois.
    Mais c’est vrai qu’à partir du moment où on rencontre des professionnels du métier, qu’on voit l’envers du décor et qu’on a une expérience, on a plutôt à y gagner.
    Et tu as raison, une fois le caractère forgé, on réussit mieux à affronter des situations difficiles.
    Un super article comme d’hab’ que je partage.
    Bisous à toi!

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    1. Merci pour le partage alors 🙂
      En tout cas je te souhaite bonne chance dans ta reconversion… et ta recherche de stages 😉

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  2. POur en avoir fait quelques uns, on se rend compte que c’est un milieu difficile… Mais je suis contente que ces années de stage soient loin derrière moi ! Même si le monde du travail derrière est bien difficile aussi^^

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    1. Oui mais je pense qu’en tant que stagiaire on n’a vraiment pas le même statut quoi… Je vois la différence aujourd’hui! Mais bon c’est clair que le monde du travail en général ne fait pas de cadeaux malheureusement!

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  3. Muhahaha tu sais que certains de tes gifs sont à mourir de rire ?
    Plus sérieusement très sympa ton retour d’expérience, c’est vrai que ces stages un peu foireux nous permettent de mettre le doigt sur ce qu’on aime pas mais surtout sur ce qu’on a vraiment envie de faire !
    Allez je te souhaite tout plein de courage pour ton année d’alternance #TeamAlternante

    #Smouack

    Anne jenn’

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  4. Il y a bien longtemps que je ne donne plus dans les stages mais il est vrai qu’à une époque lointaine j’ en ai vu de toute !!!!
    Bises

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  5. Hello,
    merci pour cet article sincère et criant de vérité. J’ai fait Esmod donc les stages dans cet univers, je connais bien… Rien qu’à l’école (et suivant les stage), on est poussé à créer plus pour vendre plus et souvent à moindre coup. Cette pression a eut raison de ma motivation et je n’ai pas retouché une machine à coudre pendant plus de deux ans après l’école tellement j’en été dégoutté. Même lire des magazines de mode pour faire de la « veille » devenait une corvée. Mais comme tu dis, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Et j’ai aussi appris à prioriser mon travail et à mieux m’organiser en général.
    Bisous et bonne soirée,
    Mimi

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    1. J’ai au moins eu la chance de ne pas avoir été dans une école qui nous poussait à faire ça… ils partaient du principe que c’est probablement le seul moment de notre vie où on peut s’amuser. Enfin en licence c’est plus vraiment pareil!

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  6. Je crois que c’est souvent un peu partout pareil pour un stage: soit on tombe bien et on apprend beaucoup de choses, soit on a moins de chance et on fait toutes les tâches que personnes ne veut faire.
    Quoi qu’il en soit, cette expérience rend toujours nos études plus concrètes et nous permet de voir vraiment si le métier nous plait réellement. Bref, mieux vaut ne garder que le positif! 😉

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  7. Il est vrai que nous n’avons pas tous la même chance concernant les stages mais il n’y a pas meilleur moyen pour découvrir concrètement le monde du travail et acquérir un début d’expérience. Bises 🙂

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  8. Je découvre tout juste ton blog et je tombe sur cet article très intéressant 😊 Je suis étudiante en communication et de ce côté là, il faut également faire des stages, j’ai hâte de le commencer, j’espère que ce sera une bonne expérience ..

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